Données et fiabilité

Coupures SONABEL : ce que les données de nos centrales révèlent

Nous supervisons 18 centrales solaires, 24 heures sur 24, au Burkina Faso et en République centrafricaine. Chaque heure, un détecteur automatique vérifie si le réseau est présent sur chaque site. Voici ce qu'il a mesuré — sans interprétation, sans arrondi.

13 juillet 2026·Lecture : 6 minutes

Tout le monde, à Ouagadougou, sait que le réseau lâche. Personne ne sait combien de temps, à quelle fréquence, ni ce que cela coûte réellement. On parle de coupures comme on parle de la pluie : par impressions.

Nous avons cessé de deviner. Depuis plusieurs semaines, un détecteur automatique interroge chacune de nos centrales toutes les heures. Il enregistre l'instant où la tension du réseau disparaît, l'instant où elle revient, et l'énergie que le solaire a servie pendant l'intervalle. Voici les chiffres.

Ce que nos détecteurs ont mesuré
43
coupures confirmées
757 h
cumulées, tous sites confondus
12 / 18
centrales touchées
6 / 18
n'ont connu aucune coupure
Source : détecteur de coupures OPTI-MIST, relevé horaire sur le parc supervisé. Les valeurs affichées sur notre page d'accueil sont issues du même flux et se rafraîchissent toutes les heures.

Une coupure ne dure pas quelques minutes

C'est le premier enseignement, et il contredit l'intuition. Dans l'imaginaire courant, une coupure SONABEL est une interruption brève — le temps d'aller chercher une bougie. Nos relevés racontent autre chose.

Sur le parc, les événements que nous avons enregistrés vont de quelques heures à plus de vingt-quatre heures consécutives. Certains dépassent largement cette durée. Une coupure de vingt-quatre heures, pour une entreprise, ce n'est pas un désagrément : c'est une journée de production perdue, une chaîne du froid rompue, un serveur éteint brutalement.

Et ces durées ne sont pas des estimations. Ce sont des horodatages : l'heure exacte où le réseau a disparu, l'heure exacte où il est revenu. Notre détecteur exige deux relevés consécutifs confirmant l'absence de tension avant de déclarer une coupure — de sorte qu'un simple micro-incident ne soit jamais compté.

Le réseau ne tombe pas partout en même temps

Douze centrales sur dix-huit ont connu au moins une coupure. Six n'en ont connu aucune. Cela dit quelque chose d'important : la qualité du réseau varie fortement d'un quartier à l'autre, et parfois d'une rue à l'autre.

Autrement dit, votre expérience du réseau n'est pas généralisable, et la moyenne nationale ne vous dit rien d'utile. C'est pourquoi, avant de dimensionner une installation, nous préférons regarder ce qui se passe réellement chez vous plutôt que d'appliquer une règle moyenne.

Comment nous savons qu'une coupure en est une

Un détecteur qui se trompe est pire qu'un détecteur absent : il use la confiance. Le nôtre applique trois règles, et nous les publions pour qu'on puisse les critiquer.

Deux relevés consécutifs, pas un seul. La tension du réseau doit être absente sur deux mesures d'affilée. Un creux passager, une micro-coupure de quelques secondes : rien de tout cela ne déclenche d'événement.

La preuve de vie de l'onduleur. C'est la règle la plus importante, et celle que personne ne pose. Si un site cesse de répondre, cela ne veut pas dire que le réseau est tombé — cela veut dire que nous ne savons plus. Un système qui confond « pas de nouvelles » et « tout va bien » n'est pas une supervision. Le nôtre exige que l'onduleur soit joignable et vivant pour qu'une coupure soit déclarée.

Un filtre anti-artefact. Certains événements portent la signature d'un défaut de mesure plutôt que d'une coupure réelle. Ils sont écartés, et ils ne figurent pas dans les 43 comptées ici.

Pourquoi nous publions ces chiffres

Parce qu'on peut les vérifier. Notre page d'accueil affiche, en direct, les données du parc : nombre de centrales supervisées, kWh servis par le solaire aujourd'hui, coupures détectées sur trente jours. Elles se rafraîchissent chaque heure, automatiquement, sans intervention humaine.

Nous avons choisi de ne publier que ce que nous mesurons. Pas de disponibilité arrondie, pas de puissance instantanée que nous ne saurions pas justifier. Quand une donnée manque, la page affiche un tiret. Un tiret est honnête ; un chiffre inventé ne l'est pas.

Et c'est là, au fond, tout notre métier. Installer un système solaire, beaucoup savent le faire. Savoir ce qu'il fait — heure par heure, panne après panne, coupure après coupure — c'est autre chose. C'est ce qui sépare un poseur de panneaux d'un opérateur d'énergie.

Une note d'honnêteté. Nos relevés ne couvrent que les centrales raccordées au réseau et joignables par notre supervision. Un site hors ligne n'est pas compté — et nous ne comblons jamais un trou par une estimation.

Combien de kWh votre installation vous servirait-elle ?

Notre estimateur calcule votre dimensionnement à partir de votre facture ou de vos appareils, en trente secondes.

Estimer mon installation